Titre d'origine: The Food of the Gods
Réalisateur: Bert I. Gordon
Année: 1977
Origine: U.S.A.
Durée: 1h28
Distribution: Marjoe Gortner, Pamela Franklin, Ralph Meeker, Jon Cypher, Ida Lupino, John McLiam.
Sortie salles France: 18 Mai 1977. U.S: 18 Juin 1976
Récompense: Licorne d'Or au Festival international du film Fantastique de Paris en 1977
FILMOGRAPHIE: Bert I. Gordon est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 24 Septembre 1922 à Kenosha, Winsconsin, Etats-Unis).
1955: King Dinosaur. 1957: Beginning of the end. 1957: The Cyclops. 1957: The Amazing Colossol Man. 1958: Attack of the Puppet People. 1958: War of the Colossal Beast. 1958: Earth vs. the Spider. 1960: The Boys and the Pirates. 1960: Tormented. 1962: L'Epée Enchantée. 1965: Village of the Giants. 1966: Picture Mommy Dead. 1970: How to succeed with sex. 1972: Necromancy. 1973: Le Détraqué. 1976: Soudain... Les Monstres. 1977: L'Empire des Fourmis Géantes. 1981: Burned at the Stake. 1982: Let's do it ! 1985: The Big Bet. 1990: Satan's Princess.
Spécialiste du thème du gigantisme, Bert I. Gordon réalise avec Soudain... Les Monstres son film le plus notoire, à l'instar de sa Licorne d'Or remise par le festival du Rex de Paris. Une prestigieuse récompense plutôt surfaite car il faut bien avouer que cette bisserie d'exploitation regorge de clichés et de personnages caricaturaux déversant des dialogues parfois grotesques. Qui plus est, l'aspect cheap de certains effets-spéciaux (les guêpes géantes confectionnées en plastique, le coq en latex) témoigne d'un visuel ridicule quand bien même la simplicité de son scénario le réduit finalement au huis-clos inspiré de la Nuit des Morts-vivants !
Mais alors qu'est ce qui a bien pu passer par la tête des membres du jury parisien pour prôner un tel nanar alors qu'une génération de cinéphiles continuent de l'applaudir ? C'est d'abord le concept du pitch délirant qui attise notre amusement car voir débouler devant nos yeux des animaux atteints de gigantisme après avoir ingurgité un produit toxique s'avère aussi enthousiasmant que fascinant. Oui mais alors comment peut-on croire à pareille situation improbable si les effets-spéciaux archaïques s'avèrent fauchés ? En faisant intervenir en second acte de véritables animaux, en l'occurrence notre rongeur quadrupède, le Rat ! Et de nous faire croire de sa taille disproportionnée par des procédés techniques assez efficaces. Si à certains moments, on perçoit bien les maquettes d'une voiture, d'une maison ou d'une caravane afin de camoufler leur taille normale, à d'autres situations, le réalisateur exploite des trucages autrement astucieux lorsqu'il combine dans le même cadre personnage et animal en situation d'affrontements ou de défense ! Ce réalisme parfois saisissant atteint d'ailleurs son apogée lors de l'ultime assaut quand nos protagonistes sont réunis sur le toit d'une maison engloutie d'eau, quand bien même les rats tente de s'agripper aux murs afin d'éviter la noyade ! Si l'aspect sommaire de l'intrigue (un groupe de survivants se réunissent dans une ferme pour se protéger du danger et tenter de trouver des solutions de survie) et certaines situations incohérentes font tâche (notamment certains rapports de discorde entre eux), le réalisateur réussit néanmoins à insuffler efficacité et vigueur. Dans ces attaques récurrentes du rat contre l'homme faisant intervenir moult péripéties - surtout lorsque nos survivants sont séparés en groupe - alors qu'un leader courageux redouble de ruse pour essayer de les combattre (notamment le fait de faire exploser un barrage). En prime, le caractère sanglant des agressions ajoute une certaine intensité cruelle lorsque les victimes tentent vainement de se débattre !
Sous couvert d'un argument écolo militant contre les dangers de la pollution, Soudain... les Monstres ne fait qu'exploiter une série B maladroite car desservie d'incohérences dans les réactions absurdes des personnages. Pourtant, il s'en dégage un vrai attachement dans leur complicité amicale, voire aussi leur rapport de divergence, rehaussé de la trogne aimable de seconds couteaux bien connus du genre (Marjoe Gortner et Pamela Franklin pour ne citer que les plus illustres !). Enfin, le divertissement tire parti de son attraction par l'entremise du rat comparable ici à une taille de sanglier pour provoquer fascination et répulsion !