
Kathy est la souffre-douleur de ses camarades de lycée. Peu jolie, ringarde et mal dans sa peau, elle doit subir des moqueries sempiternelles, qui finiront par aller trop loin le soir où à la suite d'une mauvaise farce elle se fait renversée par une voiture et est déclarée cliniquement morte. Kathy va prendre l'apparence d'une nouvelle venue dans le lycée qu'elle fréquentait, afin de se venger dans les règles de lart.


Dernier métrage de Fulci à avoir bénéficié d'une distribution en France, Aengima se présente comme un bâtard de Carrie et de Patrick, deux valeurs sûres de l'épouvante des années 70, dont il pille les scénarii respectifs sans trop réfléchir. Pour autant, le film bénéficie d'une réalisation plutôt soignée et d'un rythme pas trop mou, même si la direction d'acteurs doit figurer parmi les plus immondes de l'histoire du cinéma; tous les personnages ont des tronches hallucinées et semblent sous l'effet de quelques verres de whisky en trop - et on ne parlera pas beaucoup de celui joué par Jared Martin, dans la peau d'un toubib d'opérette qui apparaît tantôt complètement coincé dans une scène, tantôt don juanesque dans l'autre, et drague une fille moins belle que la nouvelle venue après que celle-ci l'ait séduit sans qu'on en sache les raisons -. C'est à ne plus y croire. Car en dehors de cet aspect, ma foi gênant à un tel degré, Aenigma s'en sort avec les honneurs: de l'horreur baroque assez proche du Phenomena d'Argento sur le plan esthétique et un soupçon de comédie des années 80 volontairement stupide (à ce titre, la séquence avec le prof de sport macho et les lycéennes en plein aérobic sous une musique synthé typique de cette époque est ultra-jubilatoire). La bande-son s'avère même excellente, entre pop eighties dynamique et score à la Goblin parsemé de tonitruants riffs de guitare électrique.

À l'étage du Gore en revanche, rien de bien marquant, mais une séquence-choc qui a fait date dans le genre, illustrant une jeune fille recouverte de la tête au pied par un essaim de gastéropodes avant de mourir étouffée. Pratiquement aucun trucage, de véritables bestioles utilisées, mais des bruitages absolument affreux, genre rots discontinus. À déconseiller aux estomacs sensibles.

Un Fulci mineur, d'accord, mais un nanar sacrément jouissif et assez bien emballé, où l'on n'a guère le temps de s'ennuyer. Distrayant.
6/10

